Cinéma En Herbe

Ciné en herbe : guide pratique pour jeunes cinéastes et animateurs

Illustration d'un atelier scolaire de cinéma : enfants et animateur filmant avec smartphone sur trépied et matériel simple.

Le « ciné en herbe », c'est l'art de faire son premier film avant même de savoir si on en est capable. C'est pointer un smartphone vers quelque chose qui nous touche, décider d'un cadre, appuyer sur REC et assumer ce regard naissant. En France, des milliers de jeunes, d'enseignants et d'animateurs se lancent chaque année dans cette aventure, souvent avec peu de moyens et beaucoup d'envie. Ce guide est fait pour eux : définir le concept, choisir un format adapté, réunir le bon matériel sans se ruiner, et valoriser le résultat avec fierté.

Qu'est‑ce que le ciné en herbe ? Définition, objectifs et publics visés

L'expression « ciné en herbe » désigne à la fois une pratique et un état d'esprit : celui de faire du cinéma en apprenant, sans prétendre à la perfection, en cultivant sa curiosité visuelle comme on cultiverait un jardin. Elle s'applique à toute démarche de création filmique portée par des débutants, qu'ils aient 8 ans ou 45 ans, qu'ils soient élèves, membres d'une association ou simples curieux.

L'expression prend aussi une forme très concrète en France : l'association Ciné en Herbe, basée à Montluçon dans l'Allier, organise depuis plusieurs décennies des rencontres annuelles de jeunes cinéastes. Le site officiel « Ciné en Herbe, Rencontres jeunes cinéastes (site officiel) » confirme que l'association, basée à Montluçon (Allier), organise chaque année ces rencontres et concours de courts métrages scolaires Ciné en Herbe — Rencontres jeunes cinéastes (site officiel). En 2026, ces rencontres atteignaient leur 38ème édition, réunissant des classes et des groupes venus présenter leurs courts métrages, débattre, voter et surtout se reconnaître entre créateurs en devenir. Ce festival scolaire et associatif, lié historiquement au lycée Madame de Staël de Montluçon, est l'une des manifestations les plus symboliques du ciné en herbe à la française.

Les publics visés sont larges : des enfants dès le cycle 2 jusqu'aux lycéens et étudiants, mais aussi des adultes autodidactes, des animateurs de centres de loisirs, des enseignants qui souhaitent intégrer la création filmique à leurs cours, ou encore des parents qui veulent accompagner un projet familial. Le ciné en herbe s'adapte à tous les contextes : l'école, le périscolaire, le club de quartier, la maison. Pour des projets familiaux menés chez soi, consultez la rubrique « maison en herbe » pour des idées d'ateliers et d'aménagements adaptés.

  • Initier à l'expression visuelle et narrative sans contrainte technique lourde
  • Développer la pensée critique sur les images (les lire autant que les produire)
  • Favoriser le travail collectif, la prise de responsabilité et la confiance en soi
  • Offrir un espace de création où l'authenticité vaut plus que la maîtrise technique
  • Permettre une première confrontation avec un public réel, même petit

Attention aux confusions de titres : « Une famille en herbe », « Les Miller »… et les autres

Quand on tape « ciné en herbe » ou « en herbe » dans un moteur de recherche, on tombe vite sur des résultats qui n'ont rien à voir avec la pratique filmique pédagogique. Le plus fréquent : des films ou séries portant le mot « en herbe » dans leur titre. C'est une source de confusion courante, et mieux vaut la signaler clairement pour ne pas perdre de temps.

« Une famille en herbe » est un film de comédie familiale américain. Pour des détails sur le casting, consultez la notice « une famille en herbe acteur » qui recense les interprètes et leurs rôles. « Les Miller, une famille en herbe » (titre original : We're the Millers) est une comédie américaine de 2013 réalisée par Rawson Marshall Thurber, mettant en scène une fausse famille reconstituée pour transporter de la drogue depuis le Mexique. Ce film n'a aucun lien avec l'éducation au cinéma, les ateliers de création filmique ou les festivals scolaires. Pour éviter toute confusion, consultez le film Une famille en herbe. Le film « Une famille en herbe » est une comédie familiale américaine sans rapport avec l'éducation au cinéma. Pour connaître la date de sortie de suites comme Une famille en herbe 2 ou d'un film intitulé Les Miller, voir la fiche consacrée « les miller une famille en herbe 2 date de sortie ». Il existe même une suite, parfois recherchée sous les termes « Les Miller une famille en herbe 2 » ou avec des variantes sur la date de sortie.

Si vous cherchez des informations sur les acteurs de ces films ou sur leur contenu, ce sont des sujets distincts qui correspondent à d'autres articles. En revanche, si vous êtes ici parce que vous voulez créer, encadrer ou explorer la pratique du cinéma amateur et pédagogique en France, vous êtes au bon endroit. Gardez simplement en tête que les algorithmes de recherche mélangent volontiers ces univers, et que le mot « herbe » dans un titre ne suffit pas à définir un projet éducatif.

Pourquoi lancer un projet de ciné en herbe ? Les vraies raisons de se lancer

La question revient souvent : est‑ce que ça vaut vraiment le coup de monter tout un projet filmique avec des débutants ? La réponse que je donne toujours, et que des années d'observation m'ont confirmée : oui, et bien plus qu'on ne l'imagine au départ. Faire un film ensemble, même un film de deux minutes tourné dans la cour d'école, mobilise des compétences que peu d'autres activités réunissent.

Les bienfaits pédagogiques

Écrire un scénario, c'est structurer une idée, construire une narration, choisir des mots précis. Cadrer un plan, c'est apprendre à observer, à sélectionner, à donner du sens à ce qu'on montre. Travailler le son, c'est écouter le monde autrement. Réseau Canopé et Éduscol documentent ces bénéfices depuis longtemps : les ateliers cinéma en cycle 3 développent la maîtrise de la langue, la compréhension des images et la capacité à travailler en groupe. Le programme Cinéma Cent Ans de Jeunesse (CCAJ) va plus loin avec ses « Minutes Lumière », un format d'exactement une minute qui oblige les jeunes réalisateurs à aller à l'essentiel, à ne garder que ce qui compte vraiment.

Les bienfaits citoyens et créatifs

Faire un film avec des jeunes, c'est aussi les aider à devenir des spectateurs actifs et critiques. Quelqu'un qui a choisi un angle de caméra ne regardera plus jamais un film ou un journal télévisé de la même façon. Il comprendra que chaque image est un choix, pas une vérité brute. C'est une éducation au regard qui a une valeur citoyenne réelle à l'heure des réseaux sociaux et des images omniprésentes. Des associations comme Yakamedia (portée par les Ceméa) ou des collectifs régionaux comme le Labo des images ont bâti des années de pratique sur cette conviction.

Idées de projets et formats courts pour commencer sans se perdre

La première erreur des débutants (et j'en ai fait partie), c'est de viser trop grand. Un film de 20 minutes avec effets spéciaux et musique originale pour un premier projet d'atelier, c'est la garantie d'un abandon à mi-chemin. Les ressources pédagogiques françaises sont unanimes : commencez court, très court. Entre une et cinq minutes, c'est la bonne zone pour un premier projet abouti.

FormatDurée idéaleNiveau de complexitéAdapté à partir de
Minute Lumière (CCAJ)1 minute exactementDébutantCM1 / 9 ans
Micro-documentaire2 à 5 minDébutant à intermédiaireCM2 / 10 ans
Fiction courte2 à 5 minIntermédiaireCollège / 11 ans
Clip musical2 à 4 minDébutantDès 8 ans
Stop-motion / animation30 sec à 2 minDébutant (avec patience)Dès 7 ans
Portrait filmé1 à 3 minDébutantDès 10 ans

Le stop-motion mérite une mention spéciale : il ne nécessite aucun acteur, aucun décor complexe, et peut se faire avec une table, des objets du quotidien et un smartphone posé sur un trépied. C'est souvent le premier format qui libère les plus jeunes de la peur du ridicule devant la caméra. Le clip musical fonctionne très bien avec des adolescents car il part d'une émotion qu'ils connaissent déjà : leur musique préférée ou leur propre production. Le micro-documentaire, lui, leur apprend à poser des questions, à écouter, à construire un propos : c'est l'un des formats les plus formateurs.

Du pitch au storyboard : les premières étapes d'écriture

Avant d'allumer une caméra, il faut une idée. Pas une idée parfaite, juste une idée claire. Le pitch, c'est la version la plus courte possible de ce qu'on veut raconter : « Un enfant cherche son chat dans l'immeuble et découvre que chaque voisin cache un secret. » Une phrase suffit. Si on ne peut pas le dire en une phrase, c'est souvent signe que l'idée n'est pas encore assez définie.

Le scénario court : pas besoin de maîtriser Final Draft

Pour un premier court métrage de 2 à 5 minutes, un scénario peut tenir sur une simple feuille A4 en suivant cette structure : une situation de départ (qui est le personnage, où est-il, quel est son problème), un développement (qu'est-ce qu'il tente, qu'est-ce qui résiste), une résolution (comment ça se termine, même si c'est ouvert). Pas besoin de logiciel professionnel : un traitement de texte basique ou même un carnet suffit pour débuter. Des ressources gratuites comme Celtx (version web gratuite) existent pour ceux qui veulent aller plus loin.

Le storyboard : dessiner avant de tourner

Le storyboard, c'est la version dessinée du film, plan par plan. Nul besoin d'être dessinateur : des bonhommes bâtons suffisent amplement. L'essentiel est de décider à l'avance quelles images on va tourner. Cela évite les improvisations coûteuses en temps sur le plateau et oblige l'équipe à se mettre d'accord sur la vision commune. Éduscol propose des gabarits de storyboard téléchargeables pour les ateliers scolaires, et Réseau Canopé en propose également dans ses fiches pédagogiques de cycle 3.

  1. Écrire le pitch en une phrase
  2. Rédiger un synopsis de 10 à 15 lignes
  3. Décomposer le synopsis en scènes numérotées
  4. Écrire le scénario scène par scène (dialogues, descriptions d'action)
  5. Dessiner le storyboard plan par plan avec indications de cadre
  6. Lister les besoins: lieux, personnages, accessoires, moments de la journée

Le matériel accessible : bien filmer sans se ruiner en France

Bonne nouvelle : le meilleur appareil pour commencer le cinéma, c'est celui que vous avez déjà dans votre poche. Un smartphone récent filme en Full HD voire en 4K, stabilise l'image automatiquement et gère la mise au point mieux que bien des caméras d'amateur d'il y a dix ans. La question du matériel ne devrait jamais être un frein à se lancer.

ÉquipementUsageBudget indicatif (France)Où trouver
Smartphone récentCaméra principale0 € (déjà possédé)Déjà en poche
Trépied smartphone basiqueStabilisation, plans fixes15 à 40 €Fnac, Boulanger, Amazon.fr
Trépied photo entrée de gammeStabilisation, hauteur réglable30 à 80 €Fnac, Boulanger, Amazon.fr
Micro compact Boya BY-MM1Son directionnel propre30 à 50 €Thomann, Amazon.fr
Micro RØDE VideoMicroSon directionnel de qualité60 à 120 €Fnac, Thomann, RØDE.com
Panneau LED NEEWER (kit)Éclairage d'appoint100 à 320 € (kit)Neewer.fr, Amazon.fr, Fnac
Réflecteur DIY (polystyrène blanc)Déboucher les ombres0 à 5 €Maison, magasin de bricolage

L'éclairage est souvent le point qu'on sous-estime le plus. La lumière naturelle reste la meilleure alliée du débutant : tourner près d'une fenêtre en milieu de journée donne des résultats souvent bien meilleurs que d'essayer de compenser une mauvaise lumière en post-production. Si vous avez besoin d'un appoint, une feuille de polystyrène blanc placée en face de votre source lumineuse agit comme un réflecteur gratuit et efficace. Les panneaux LED comme ceux de NEEWER sont utiles pour les projets plus avancés ou les tournages en intérieur contraignant, mais ne sont pas indispensables pour commencer.

Techniques de tournage essentielles pour les premiers pas derrière la caméra

On peut lire des dizaines de manuels sur le cinéma, mais la vraie école commence quand on tient l'appareil. Voici ce que j'ai vu faire la différence sur le terrain, avec des groupes débutants comme avec des apprentis en solo.

Les repérages : la préparation qui change tout

Aller voir un lieu avant de tourner, c'est une étape que les débutants sautent presque toujours. Et c'est presque toujours une erreur. Un repérage, même rapide, permet de repérer les sources de bruit (une route, une machine), d'observer comment la lumière évolue selon l'heure, de vérifier qu'on a les autorisations nécessaires (pour les lieux publics ou privés), et d'anticiper la logistique (prises de courant, accès, place pour l'équipe). Prenez des photos au téléphone lors du repérage et notez les horaires de bonne lumière.

Le cadrage : quelques règles simples qui font une grande différence

La règle des tiers est le premier outil à mémoriser : imaginez votre image découpée en neuf cases égales par deux lignes horizontales et deux lignes verticales. Placez votre sujet aux intersections de ces lignes plutôt qu'en plein centre. Le résultat est immédiatement plus dynamique et naturel à l'œil. Variez les tailles de plan : ne tournez pas tout en plan moyen. Un gros plan sur un détail, un plan large pour montrer le contexte, un plan poitrine pour les échanges entre personnages : trois types de plans suffisent pour raconter une scène de façon fluide.

Le plan de tournage : l'outil anti-chaos

Un plan de tournage, c'est simplement un tableau qui liste dans l'ordre logique (pas forcément l'ordre du film) tous les plans à tourner, avec le lieu, les personnes présentes, le matériel nécessaire et la durée estimée. Cela permet de regrouper tous les plans d'une même scène tournés au même endroit, même s'ils ne se suivent pas dans le montage final. C'est un gain de temps considérable et ça évite d'oublier un plan crucial.

  • Stabilisez toujours la caméra: trépied, appui contre un mur, genoux au sol
  • Anticipez les raccords: filmez chaque action avec un peu de « marge » avant et après
  • Variez les axes de caméra entre les plans d'une même scène
  • Ne zoomez pas pendant le tournage (sauf effet voulu): bougez physiquement vers le sujet
  • Filmez chaque plan au moins deux fois: la deuxième prise est souvent la bonne
  • Respectez la règle des 180° pour garder une cohérence spatiale dans les dialogues

Le son en priorité : capter une prise de son propre avec peu de moyens

Je le dis à chaque atelier et je le répète ici : les spectateurs pardonnent une image imparfaite bien plus facilement qu'un son mauvais. Un film sombre ou légèrement flou reste regardable. Un film avec un son saturé, un écho omniprésent ou un fond sonore de route nationale devient rapidement insupportable. Le son, c'est 50 % de l'expérience cinématographique, et c'est paradoxalement ce qu'on néglige le plus en débutant.

Le microphone : sortir du micro intégré dès que possible

Le micro intégré d'un smartphone capte tout ce qui est autour : les voix, les bruits de manipulation, les réverbérations de la pièce. Un micro compact directionnel comme le Boya BY-MM1 (autour de 30 à 50 € chez Thomann ou Amazon.fr) change radicalement la donne en concentrant la captation vers la source sonore voulue. Le RØDE VideoMicro, proposé entre 60 et 120 € selon le revendeur, offre une qualité encore supérieure et est compatible avec la plupart des smartphones via adaptateur. Ces deux modèles se branchent directement sur la prise jack ou USB-C et ne nécessitent aucune alimentation externe.

Bonnes pratiques de prise de son sur le terrain

Avant de tourner une scène, faites toujours un test d'écoute avec un casque ou des écouteurs branchés sur l'appareil. Écoutez l'ambiance du lieu pendant 30 secondes : un réfrigérateur qui tourne, une ventilation, une cour de récréation en fond, une route à 50 mètres. Ces bruits qu'on ne remarque plus dans la vie quotidienne deviennent envahissants à l'écran. Si vous tournez en extérieur, protégez votre micro avec une bonnette anti-vent : une bonnette mousse basique (moins de 10 €) réduit déjà considérablement les artefacts de vent.

  • Toujours monitorer le son avec un casque pendant le tournage
  • Rapprocher le micro le plus possible du locuteur (sans le montrer à l'image)
  • Éteindre ou déplacer les sources de bruit fixes avant de tourner (frigo, ventilo, TV)
  • Enregistrer 30 secondes de « silence » du lieu pour le montage (son d'ambiance)
  • Éviter de toucher le micro ou le câble pendant une prise
  • Tourner dans des pièces avec des textiles, des livres, des rideaux pour absorber la réverbération
  • Utiliser une bonnette anti-vent dès qu'on tourne en extérieur
  • Vérifier les niveaux sonores: ni trop bas (souffle), ni trop haut (saturation)

Une astuce que j'utilise souvent avec des groupes débutants : séparer les rôles dès le début. Une personne est responsable du son, une autre de la caméra. La personne au son porte le casque, surveille les niveaux et dit « stop » si quelque chose ne va pas. Cette organisation simple évite que le son soit le parent pauvre du projet, écrasé par l'enthousiasme du visuel.

C'est un aspect qu'on a tendance à mettre de côté quand on est dans l'élan créatif, et c'est une erreur qui peut bloquer la diffusion d'un film après des semaines de travail. En France, filmer et diffuser l'image d'un mineur exige une autorisation écrite du ou des titulaires de l'autorité parentale. C'est une obligation légale rappelée par Service-Public.fr et applicable que le film soit diffusé en classe, sur une plateforme en ligne ou lors d'un festival.

Éduscol met à disposition un modèle d'autorisation d'enregistrement image et voix (parfois appelé « Primàbord ») que les enseignants peuvent adapter. Les académies proposent également leurs propres modèles en PDF. Pour un projet associatif ou extra-scolaire, mieux vaut créer son propre formulaire en précisant clairement : qui réalise le film, à quelles fins il sera utilisé (usage pédagogique interne, diffusion publique, mise en ligne), et pendant quelle durée l'autorisation est valable.

Pour les lieux de tournage, l'espace public ne nécessite pas d'autorisation pour filmer des personnes de dos ou dans des plans larges, mais dès qu'un individu est clairement identifiable, son accord est nécessaire. Pour filmer dans une propriété privée (commerce, établissement scolaire en dehors des cours, lieu culturel), une autorisation écrite du propriétaire ou gestionnaire est indispensable. Anticipez ces démarches plusieurs semaines avant le tournage.

Financement et aides locales pour un projet ciné en herbe

Un projet ciné en herbe n'a pas besoin d'un gros budget, mais quelques dizaines ou centaines d'euros peuvent faire la différence entre un projet bricolé et un projet bien accompagné. Plusieurs sources de financement existent en France, souvent méconnues.

  • Mairie et communauté de communes: de nombreuses collectivités disposent d'un fonds de soutien aux projets culturels associatifs ou scolaires ; renseignez-vous auprès du service culturel de votre mairie
  • DRAC (Directions Régionales des Affaires Culturelles): chaque région dispose d'une DRAC qui soutient les projets d'éducation artistique et culturelle, dont les projets cinéma en milieu scolaire
  • Projets EAC (Éducation Artistique et Culturelle): des financements conjoints État/Région permettent de monter des résidences d'artistes ou des ateliers de réalisation dans les établissements scolaires
  • Crowdfunding: des plateformes comme Ulule ou KissKissBankBank permettent de financer des projets culturels locaux avec des contreparties symboliques
  • Fonds de dotation d'associations locales: bibliothèques, MJC, maisons de quartier disposent parfois de petits budgets pour des projets créatifs

Festivals, structures et ressources pour se lancer et se faire connaître

Une fois le film terminé, la question qui suit est toujours la même : et maintenant, on le montre à qui ? La réponse est souvent plus proche qu'on ne le croit.

La Fête du court métrage, organisée chaque mars en France, est une occasion idéale pour présenter un premier travail dans un cadre valorisant. Les Rencontres Ciné en Herbe de Montluçon acceptent des candidatures de classes et de groupes de jeunes cinéastes : c'est une expérience marquante que de projeter son film devant d'autres jeunes créateurs et d'en débattre. La Cinémathèque française propose des ateliers jeune public (« Les Studios ») pour des tranches d'âge de 3 à 20 ans, encadrés par des professionnels : une ressource précieuse si vous êtes en région parisienne. Les réseaux régionaux comme l'UFFEEJ (Union française des festivals d'éducation à l'image) recensent des festivals locaux où des films d'ateliers peuvent être présentés.

Et puis il y a les soirées locales : une projection dans une médiathèque, une salle associative ou même dans la classe, avec les familles invitées, peut être l'un des moments les plus forts d'un projet ciné en herbe. Ce moment de partage a une valeur que nulle récompense officielle ne remplace.

Valoriser son film et rejoindre une communauté bienveillante

Terminer un film, même court, même imparfait, est une vraie réussite. Pas une réussite technique : une réussite humaine. Quelqu'un a eu une idée, a convaincu d'autres de le suivre, a surmonté des obstacles, a pris des décisions créatives et a mené le projet à son terme. C'est exactement ce que Talents En Herbe célèbre : les premiers pas, les vocations en germe, les créateurs qui n'attendent pas d'être parfaits pour exister.

Sur des plateformes comme Vimeo (idéale pour un partage propre et sans publicité invasive) ou YouTube (avec paramètre de confidentialité « non répertorié » pour un partage maîtrisé), vous pouvez publier votre film et le partager à votre rythme. La communauté Talents En Herbe est aussi un espace pour partager votre démarche, recevoir des retours encourageants et croiser d'autres talents en herbe qui avancent sur des chemins créatifs comparables, que ce soit en musique, en écriture ou en peinture. Le regard bienveillant d'une communauté qui comprend ce que représente un premier projet change vraiment la façon dont on vit cette expérience.

Un conseil final, tiré de nombreuses années à observer des gens qui débutent : ne gardez pas votre film pour vous en attendant qu'il soit parfait. Montrez-le. Les retours vous feront progresser bien plus vite que la solitude du perfectionnisme. Et puis, ce premier film maladroit et sincère, vous en serez fier dans dix ans. Pas malgré ses défauts, mais grâce à eux.

FAQ

Qu'est‑ce que « ciné en herbe » ?

« Ciné en herbe » désigne ici les premières pratiques filmiques menées par des enfants, adolescents et auteur·rice·s débutant·e·s : ateliers d'initiation, courts métrages scolaires, micro‑documentaires ou films d'animation. L'expression évoque l'apprentissage et la découverte, distincte de noms propres similaires (ex. l'association/festival « Ciné en Herbe » de Montluçon) : vous pouvez utiliser ce terme pour désigner un projet local d'initiation ou rejoindre des initiatives existantes.

Quels formats conviennent le mieux aux débutant·e·s ?

Privilégiez les formats courts et faisables en temps d'atelier : « minute » (≈1 min), capsules et micro‑documentaires (1–5 min), fictions courtes (1–5 min), clips musicaux et films d'animation en stop‑motion. Ces formats facilitent l'apprentissage des gestes (scénario court, cadrage, son, montage) et la diffusion en classe, en soirée ou en festival.

Quel matériel est accessible et suffisant pour commencer ?

Smartphone récent (bonne caméra), micro externe compact (ex. Boya BY‑MM1 ≈30–50 € ou RØDE VideoMicro ≈60–120 € en France), trépied smartphone basique (≈15–40 €) ou trépied photo d'entrée de gamme (≈30–80 €), panneaux LED économiques (kits NEEWER ≈100–320 € selon configuration), câbles et cartes microSD. Pour ateliers, un casque audio et un micro‑cravate peuvent améliorer le rendu.

Quelles sont les étapes essentielles d'un projet « ciné en herbe » ?

1) Idée et contrainte (durée, lieu, matériel), 2) Écriture d'un scénario court ou storyboard, 3) Repérages et autorisations de lieux, 4) Préparation du matériel et répartition des rôles (réalisation, prise de son, éclairage, acteurs·rices), 5) Tournage (séances courtes, plans simples), 6) Enregistrement du son et sauvegardes régulières, 7) Montage et post‑production, 8) Diffusion et valorisation (projection, plateformes, festival).

Quels logiciels de montage utiliser (gratuits et payants) en France ?

Gratuits : DaVinci Resolve (version gratuite très puissante), Kdenlive, Shotcut, OpenShot. Payants (professionnels et pédagogiques) : Adobe Premiere Pro (abonnement Creative Cloud), Final Cut Pro (Mac), Filmora (grand public). Choisissez selon le matériel, l'âge des participant·e·s et le budget ; DaVinci Resolve est une excellente option gratuite pour aller loin.

Comment gérer le droit à l'image et les autorisations pour mineurs ?

En France, toute captation et diffusion de l'image d'un mineur nécessite une autorisation écrite des titulaires de l'autorité parentale. Utilisez les modèles d'autorisation publiés par l'Éducation nationale / éduscol (Primàbord) et conservez les formulaires signés. Précisez l'usage (pédagogique interne, diffusion publique, festivals, internet) et la durée d'archivage.

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